lire la phrase lire le contenu

Le bégaiement de l’adulte

Le bégaiement de l’adulte est très différent selon l’histoire, les attitudes réactionnelles et l’impact sur la qualité de la vie relationnelle de chacun. Ce n’est pas tant le bégaiement mais la manière de le vivre et d’y réagir qui crée et entretient la souffrance de la personne qui bégaie. La sévérité du trouble se mesure essentiellement à tout ce que la personne qui bégaie s’empêche de faire ou de vivre à cause du bégaiement ou de la peur de bégayer.

Plusieurs cas de figure se présentent :
- De nombreux adultes sollicitent une prise en charge spécifique du bégaiement motivés par l’entrée dans les études supérieures, le monde du travail, un changement professionnel, la parentalité, le désir d’une parole plus libre et authentique…
- Certains ont déjà bénéficié de plusieurs traitements : orthophonie, psychothérapie, sophrologie, stage….
- D’autres n’ont jamais rien entrepris. Souvent, la rééducation orthophonique spécifique du bégaiement n’était pas encore très développée quand ils étaient jeunes et ils se sont résignés, espérant secrètement que le bégaiement finirait par partir tout seul.

La prise en charge du bégaiement est globale et comporte plusieurs axes indissociables :
- un travail moteur ou technique sur la parole en elle-même. En effet, la parole est un "geste" qui peut s’assouplir, s’adoucir, se clarifier, se ralentir, se rythmer, s’apprivoiser pour devenir un instrument au service de l’expression.
- mettre en place de nouvelles réponses face aux blocages de la parole.
- une amélioration de la communication verbale et non verbale soutenue par un entraînement à l’affirmation de soi et à la prise de parole en public
- apaiser la souffrance, diminuer l’anxiété, dissiper la honte qui freine, malgré la volonté, tout désir de changement.

Témoignage d’un patient

Je m’appelle Thibault, je bégaie depuis l’âge de 5 ans. J’ai connu des hauts et des bas, des moments de souffrance et d’espérance. J’ai consulté pas mal d’orthophonistes : à 5 ans, 16 ans, 26 ans.

A 30 ans, je déménage de Paris à Lyon pour une nouvelle aventure professionnelle. Mon bégaiement est alors identifié, assumé, pour autant il continue à me gêner dans certaines situations. Pour dissiper ces craintes et gagner en confiance en moi, je décide d’entamer une nouvelle thérapie.

C’est toujours une vraie démarche : chercher une orthophoniste, organiser un bilan orthophonique, passer 2 longues heures à parler de son histoire pour la énième fois. J’ai ainsi commencé un travail avec une orthophoniste du cabinet. J’ai rapidement senti qu’elle pouvait m’aider : d’une part parce qu’elle a une très bonne écoute et cherche à comprendre précisément et en toute bienveillance ce qui se passe dans ma tête, d’autre part car elle me laisse acteur de ma thérapie : tout se passe en douceur, à chaque étape on prend le temps qu’il faut pour avancer et passer un nouveau cap.

J’ai également eu un bon feeling car j’ai vu comment, en quelques années, les techniques pour fluidifier son élocution ont évolué. La recherche a énormément progressé et des recettes efficaces existent aujourd’hui. Une seule condition : s’entraîner entre chaque séance. Peu à peu j’ai appris plusieurs choses : me « brancher » avec l’autre en le regardant dans les yeux, adopter une bonne voix timbrée et affirmée, verbaliser mon bégaiement et ainsi prévenir mon interlocuteur d’un « passage à risque », ralentir quand je sens que ça va bloquer, mettre certains mots en valeur, utiliser des silences, parler avec ses mains… et bien sûr bien respirer par le ventre. Rien de bien sorcier, il faut juste apprendre puis s’entraîner !

Au-delà des techniques concrètes, j’ai appris en parallèle à mieux me connaître. On sait que le bégaiement est un subtil mélange de dysfonctionnement physique, psychique et psychologique. Mieux se connaître ne consiste pas à réaliser une psychothérapie mais davantage à identifier ce qui est bon pour soi, ce qui est essentiel dans sa vie. Dès lors on peut traduire cela en actions. Se sentir bien et être épanoui est une condition nécessaire pour avancer, elle vient en complément des techniques.

Pour moi, l’idée n’était pas de ne plus bégayer mais bien d’être à l’aise en toutes circonstances : si à un moment donné je n’ai pas envie de bégayer, je dois avoir acquis suffisamment de techniques pour conserver une expression fluide. En revanche, il y a encore des moments où je bégaie et où je n’ai pas envie de faire face. Alors je bégaie un peu, mais au moins c’est assumé et ça m’importe peu.

Suivre une thérapie ce n’est pas aller au combat et faire face à ses démons, c’est au contraire se créer de belles perspectives et avancer sereinement, pas à pas, en confiance vers un horizon plus dégagé.

CABINET
D’ORTHOPHONIE

Voix, bégaiement,
bredouillement,
troubles du langage
et des apprentissages

Bellecour Bégaiement
28, Place Bellecour
69002 LYON
Tel : 04.78.42.22.61
ortho chez bellecour-begaiement.fr